Ce n’est pas nouveau, les sondages pullulent sur les réseaux sociaux encore plus que dans les magazines « people » (enfin, si ça existe encore ?) mais je n’y prends que rarement part étant donné que c’est avant tout de la collecte d’informations quand bien même l’auteur est bien intentionné.

Mais j’ai beau résister, je reste faible face aux sujets qui me passionnent, en l’occurrence ici les jeux vidéo avec la nouvelle question posée par le site dédié my9games.net (en anglais et en japonais) : quels sont les 9 jeux qui vous ont façonné.

Sauf qu’en commençant ma liste sur ce site, je me rends compte qu’on ne me propose que la jaquette américaine de Sonic The Hedgehog pour illustrer mon choix. Or, comme je l’ai déjà posté sur Bluesky ici, c’est la jaquette européenne qui m’a marqué presqu’autant que le jeu lui-même. Impossible donc d’utiliser le site.

Et comme ce sondage est surtout l’occasion de découvrir des jeux si importants qu’on en ferait des vidéos type « Ces jeux qui m’ont marqué » du Bazar du Grenier (playlist) si on avait le temps et le talent, et que là j’ai un peu le temps mais un peu moins le talent, je me dis que ce top 9, on va le faire sérieusement à l’écrit ici même. Allez c’est parti !

TL;DR, la photo

Les 9 « jeux » choisis par ordre chronologique : 1. l'ordinateur Oric Atmos ; 2. Sonic The Hedgehog sur Mega Drive ; 3. Street Fighter 2 sur Super Nintendo (la cartouche de Street Fighter 2 Turbo en PAL posée sur la boîte japonaise du jeu original) ; 4. Shining Force sur Mega Drive (la cartouche PAL posée sur la boîte japonaise) ; 5. Thunder Force IV sur Mega Drive ; 6. Windjammers sur Neo Geo (cartouche arcade MVS à côté de la boîte de la version Switch) ; 7. Super Mario Galaxy 2 sur Wii ; 8. StarCraft 2 sur PC ; 9. The Legend of Zelda : Breath of the Wild.

Et oui j’ai triché, il n’y a que 8 jeux auxquels j’ai ajouté un ordinateur. Je vais développer chaque choix en expliquant en quoi ils m’ont transformé.

  1. 1.
  2. 2.
  3. 3.
  4. 4.
  5. 5.
  6. 6.
  7. 7.
  8. 8.
  9. 9.

Oric Atmos

Mon premier ordinateur, l'Oric Atmos, sans son lecteur cassette sur la photo (1986/1987). Car oui les jeux étaient stockés sur des cassettes audio et oui, il suffisait d’un « double » lecteur cassette pour copier un jeu. Ou douze, puisque les jeux n’étaient pas bien gros, on faisait des compilations sur une même cassette, double face.

Tout ça pour dire que j’ai adoré beaucoup de jeux mais sans qu’un seul ne se détache vraiment. Avec cet ordinateur j’ai découvert le jeu vidéo et peu importe si c’était objectivement de bons ou de mauvais jeux, je me suis simplement mis à aimer ce nouveau médium ludique.

Sonic The Hedgehog

C’est dingue de se dire qu’il y a à peine 6 ans qui séparent mon choix précédent de Sonic The Hedgehog tant l’écart technologique parait grand. Quand bien même j’avais entre temps joué sur d’autres oridnateurs et surtout les consoles NES et Master System, Sonic The Hedgehog sur Mega Drive est la plus grande claque que j’ai prise en ce qui concerne l’évolution du jeu vidéo.

Pour la première fois je n’avais pas à faire à une abstraction visuelle et sonore de ce que les développeurs avaient imaginé. C’était beau comme un dessin animé, Sonic n’était pas un amas de pixels censé représenter le personnage dessiné sur la jaquette - et pourtant quelle jaquette - c’était exactement le personnage, attitude comprise.

Et les musiques bon sang… pareil, de la vraie musique, loin des bips bips de mon Oric.

Un jeu comme Sonic The Hedgehog sortirait tel quel aujourd’hui en 2026 qu’on applaudirait son esthétique et sa musique. Son gameplay et son game design, j’avoue, un peu moins, m’enfin ça reste bien mieux que nombre de jeux sortis depuis.

Petite anecdote pour finir : après une journée à l’école, je mets le jeu dans la console et… écran noir. Je m’aperçois avec horreur que la cartouche n’est pas parfaitement droite, je la remets en place, j’allume, toujours rien. Les larmes aux yeux je vais voir mes parents pour dire que « ça marche plus » mais dans ma tête je me dis « j’ai tué Sonic… ». Mon père fera échanger le jeu le jour d’après et la vie a pu reprendre son cours.
Sauf que dans les années 2010, alors que je ne possède plus le jeu et que j’habite en région parisienne, je décide de me le racheter dans une boutique spécialisée et une chez moi, écran noir. Cartouche parfaitement insérée. J'irai faire échanger le jeu le lendemain sans soucis, mais je suis toujours curieux de savoir si c’est arrivé à d’autres Sonic PAL.

Street Fighter 2

Si vous me suivez sur Bluesky ou Mu, vous savez que je fais partie d’une communauté de joueurs de Super Street Fighter 2 X, jeu autour duquel s’organise encore des tournois de par le monde, et généralement sur borne d’arcade.

Mais sans le portage sur Super Nintendo du premier Street Fighter 2, rien de tout ça n’aurait été possible. Et j’étais là quand c’est arrivé ! Oui parce que si techniquement, le jeu était déjà disponible en arcade, je ne pouvais simplement pas y aller.

C’est donc chez mes cousins, un an après le choc Sonic qui avait aussi eu lieu chez eux, que je découvre ce jeu que les magazines nous annonçaient comme révolutionnaire depuis nien des mois.

Autour du téléviseur, moi, mon frère, mes trois cousins et deux ou trois autres gamins de l’immeuble faisions tourner les manettes, ceux qui ne jouaient pas lisaient la notice, aidaient les joueurs ou les charriaient dans la joie et la bonne humeur.

Ce jour là, j’ai appris à faire un « hadouken » et même un « shoryuken ». Un des plus beaux jours de ma vie.
J’étais loin de me douter que plus de vingt ans après j’allais retrouver des expériences similaires à cet après-midi de 1993, seulement avec plus d’une cinquantaine d’amis autour de vraies bornes d’arcade.

S’il s’agissait d’écrire sur « LE jeu qui m’a façonné », ce jeu serait Street Fighter 2.

Shining Force

L’objet de mes plus récents streams sur Twitch à date, Shining Force est peut-être mon jeu préféré sur Mega Drive. Je l’avais expliqué en live mais effectivement, en voyant le test dans Player One à l’époque, j’imaginais enfin un Zelda pour ma Mega Drive. Mon frère, bien mon bête (et surtout mon aîné), ne s’était pas contenté des images et avait bien compris que ce n’était pas du tout un Zelda mais plutôt un jeu de stratégie.

Noël arrive avec le jeu au pied du sapin. La plupart du temps je ne faisais que regarder mon frère jouer et ça me suffisait, mais évidemment je m’y suis mis et c’est au final le jeu solo auquel j’ai le plus rejoué de toute ma vie, et ce n’est pas fini !

Ici aussi, les graphismes et la musique ont grandement participés à ancrer le jeu dans ma mémoire. L’aspect stratégie était parfaitement calibré pour le gamin que j’étais (et que… je suis toujours) et en occident, il n’y avait pas vraiment d’équivalent si bien que je ne sais pas vraiment pourquoi je n’ai pas acheté Shining Force 2. Possible qu’à l’époque, les tests ne m’avaient pas convaincus. Je l’ai fait depuis et je le trouve tellement inférieur à son prédécesseur que je ne regrette pas.

Thunder Force IV

J’aime les shoot'em ups pourtant j’y joue très peu et je suis assez mauvais. Ce qui me pousse à en lancer, ce n’est pas forcément le jeu mais la musique. Life Force (Salamander) sur NES fut probablement le premier mais c’est Thunder Force 4 (que je découvre avant le 3) qui a tout balayé sur son passage en la matière.

Ce jeu, c’est la deuxième grande claque que m’inflige (en mode fétiche++) la Mega Drive. Parce qu’en plus de sonner bien, il est beau, avec des effets graphiques qui donnent toute leur identité à chacun des niveaux qui le composent.

Mais c’est donc surtout pour sa musique que je peux affirmer qu’il m’a façonné plus que d’autres. C’est pas mal de metal, du synth metal si on veut, mais voilà pour ce style il faut que la guitare électrique rende bien et c’est le cas ici. De même que la basse (j’y étais moins sensible à l’époque, mais le slap sur Great Sea Power, mon dieu).
Les compositions accompagnent parfaitement les différents niveaux parcourus et participent aussi à un semblant de narration (l’interlude
Neo Weapon ultra badass, la musique du boss de fin qui te fait comprendre que tu portes en toi l’espoir de… je sais pas qui mais bref, à la toute fin on termine au bord des larmes avec la musique des crédits).

Voilà, j’ai joué à Thunder Force IV pendant mes années d’ado rebelle, je me suis donc naturellement mis à la guitare électrique. J’écoute cette bande son au moins une fois par an depuis. Et vous feriez bien de faire de même grâce à ce lien : https://www.zophar.net/music/sega-mega-drive-genesis/lightening-force-quest-for-the-darkstar (oui aux US le jeu a été sauvagement renommé « Ligthening Force  »).

J’en termine ici avec les jeux Mega Drive mais vous l’aurez deviné, clairement, c’est la console qui m’a le plus marqué. J’aurais pu citer tellement de jeux (dont plusieurs également pour leur musique) mais ce serait dépasser le cadre ce cet article.

Windjammers

Je disais plus tôt que je n’avais pas vraiment accès aux salles d’arcade, étant mineur et habitant dans une petit village suffisamment loin de la grande ville qu'était La Rochelle et qui comptait 3 ou 4 salles dans les années 90 !

Mais j’ai aussi mentionné mon grand frère, qui lui se rendra chaque jour au lycée dans cette même ville et m’offrira de l’accompagner un mercredi après-midi de 1994 pour découvrir ces lieux de plaisir vidéoludique.

En entrant dans la première salle, « Las Vegas » - la plus abordable financièrement, nous vîmes cette borne dont l’écran pétillait de couleurs et qui, surtout, était libre.
Les pièces insérées nous découvrions alors un surprenant jeu de frisbee, un jeu tout con en fait, mais qu’est-ce que c’était cool ! En bon petit frère débile je me faisais défoncer rapidement et avec notre budget limité nous avons donc pris la décision de lâcher la borne pour aller en découvrir d’autre. Mais seul ce souvenir persistera (bon avec aussi celui d’avoir vu une borne
Virtua Fighter - trop chère, mais avec le visuel de Shiba).

Bien des années plus tard pour mes 30 ans, mes collègues se mobilisent pour m’acheter une Neo Geo AES. Une - excusez-moi - FUCKING Neo Geo. J’ai toujours eu des collègues formidables, je sais pas pourquoi. Mais donc forcément je me rappelle d’un jeu trop cool, allez faut que je le trouve, heu que je le trouve à prix… raisonnable. On est en 2012 et la cartouche AES dépasse les 600 euros.
C’est alors que je découvre deux choses : les versions arcade dites «
 MVS », bien moins chères, et l’existence d’une communauté de joueurs en France.

D’autres gens qui ont trouvé Windjammers fun et ne l’ont pas oublié, trop bien ! Sauf qu’eux ils vont bien plus loin, ils s’affrontent sur le jeu, en ligne, avec un classement et tout. Je les rejoindrais environ un an plus tard et même si l’activité se fait plus réduite ces dernières années, on se retrouve toujours notamment au HFS Summer, un festival de jeux d’arcade qui se déroule tous les ans en mai, organisé par l’association HFSPlay.

Que dire d’autre si ce n’est qu’en plus c’est grâce à la communauté Windjammers que j’ai rejoint celle de Super Street Fighter 2 X et de manière plus générale, la scène arcade.

Super Mario Galaxy 2

Après une ellipse de plusieurs années qui m’a fait sauter la génération de consoles comprenant la PlayStation 2, la Dreamcast et la GameCube (au profit du PC et de la guitare), Nintendo annonce son projet « Revolution » qui deviendra la Wii et dont le concept me fascinait. Sa sortie fin 2006 coïncide avec la fin de mes études et je vais devoir attendre d’être financièrement un peu plus stable avant de me l’offrir en 2010, au moment où sort Super Mario Galaxy 2.
Je ne me suis pas véritablement lancé dans un jeu depuis des années et on peut dire que je me suis repris une claque à cette occasion, sauf que cette fois ça ne vient pas de
Sega mais de Nintendo : c’est donc une claque moins franche mais dont les lésions sont plus cérébrales que physiques. Car ici ce ne sont ni les graphismes ni les musiques du jeu qui titillent mes sens, c’est précisement le gameplay et le game design.

Quand je prends conscience que la difficulté est entièrement décidée par le joueur et sa propre volonté d’aller vite, d’effectuer un saut complexe pour atteindre un item optionnel, de rebondir sur plusieurs ennemis à la suite, etc. sans que ce soit nécessaire, j’entrevois le génie de Nintendo comme jamais auparavant.
Les niveaux sont tous conçus pour ça en plus d’amener chacun leur propre gimmick.
On peut finir l’histoire mais le jeu continue pour qui veut jouer encore et encore, c’est juste génial.

Et puis bon, c’est beau aussi, la musique est parfaite, en somme les finitions sont d’une qualité affolante.

Même si j’ai commencé en étant un fanboy de Sega (faudra qu’on parle de la Saturn un jour), j’avais bien vu que Nintendo constituait une valeur sure mais sans jamais chercher pourquoi. Il aura fallu attendre que je joue à Super Mario Galaxy 2 pour comprendre.

StarCraft 2

Après que la Wii m'a redonné l’envie et les moyens de jouer, je me retrouve pris dans un nouvel environnement médiatique qui en veut à mon temps de jeu : Nolife et Twitch.

Sur Nolife, Seb Ruchet présente Skill, une émission qui parle d’esport et dans laquelle je vais découvrir l’existence du Stunfest (important pour Windjammers et Street Fighter) mais aussi les compétitions sur StarCraft 2.

J’avais vaguement connaissance qu’en Corée du Sud, il y avait eu des shows télévisés autour du premier StarCraft. Mais je ne savais pas que c’était encore le cas et qu’avec le nouvel opus, le reste du monde voulait s’y mettre.

Mais point de télé, tout se passe sur cette nouvelle plateforme, Twitch, via laquelle on retrouve chaque compétition mais aussi chaque joueur pendant leurs sessions d’entraînement.

J’avais joué à StarCraft, pas autant que j’aurai dû, et encore une fois uniquement contre mon frère. J’aimais beaucoup. Quand Blizzard annonce la suite, je suis content, à la limite de la hype. Il était temps, comme disait le trailer.

Mais c’est en discutant avec un collègue que ce dernier me fait véritablement prendre conscience de l’ampleur que StarCraft 2 commence à avoir en France, avec notamment l’organisation de « BarCraft », des retransmissions de tournois dans des bars. Au final, on sera une petite dizaine de collègues à s’y mettre, aussi bien en tant que joueurs que spectateurs, à suivre O’Gaming TV, s’abonner à GomTV pour suivre la GSL en Corée, etc.

Le jeu est fascinant, je n’avais jamais joué avec mon clavier comme ça, sans compter l’effort cérébral de devoir contrôler toute son armée en oubliant pas le reste du jeu et anticiper ce que va faire l’adversaire ! Bon là encore, je suis assez mauvais, mais c’est grisant et on se rend compte du niveau absurde des joueurs « pro ». StarCraft 2, encore aujourd’hui, c’est pour moi le meilleur jeu esport, avec StarCraft premier du nom.

Avoir pu suivre l’évolution d’un joueur comme Clem depuis 10 ans et le voir remporter le plus gros tournoi de 2024 (lui donnant effectivement le titre de Champion du monde cette année là) c’est bien mieux que toutes les séries Netflix imaginables… sauf que comme ces dernières, on ne sait jamais vraiment si la prochaine saison sera financée.

The Legend of Zelda : Breath of the Wild

On termine avec un incontestable monument du jeu vidéo. Je vais quand même commencer par dire que je pardonne ceux qui boudent le jeu parce que « c’est pas un Zelda ». Je peux le comprendre et si la motivation ne me quitte pas il est possible que j’aborde le sujet dans un article autour de l’intégrité des séries de jeux vidéo.

Mais dans ce cas précis, ça ne me dérange pas, l’aventure m’apparait conforme à l’idée que je me fais de la série, si ce n’est que les musiques me manquent un peu.

À vrai dire, je n’ai rien de spécial à écrire sur BOTW que vous n’ayez pas déjà lu ou expérimenté par vous-même. Le jeu est juste exceptionnel. S’il y a un jeu dans cette liste que vous devez absolument faire dans votre vie, c’est lui, Breath of the Wild.

Je peux évoquer encore une fois le génie de Nintendo comme pour Super Mario Galaxy 2. Ici vous vivrez l’aventure à votre rhythme, déplacerez vos priorités en fonction de votre ressenti du moment et choisirez vous-même quand mettre fin à votre partie. On se sent libre, on respire, on imagine, etc.

Je l’ai refait 3 fois déjà, plus de 120 heures à chaque partie et je me vois bien le refaire en VR vu les mods qui continuent de s’améliorer. Enfin pas tout de suite, mon casque n’est probablement pas assez confortable pour y rester autant de temps.

Les jeux vidéo sont formidables

Enfin attention, pas tous, surtout à l'heure des jeux générés automatiquement à la va-vite. Il est vrai que je n’ai ici cité que des jeux réputés géniaux malgré l’envie de trouver un titre qui serait étonnant car mauvais mais qui m’aurait marqué quand même. Je n’en ai pas trouvé. S’ils sont mauvais, ils ne m’auront pas laissé un souvenir indélibile - au mieux, ou au pire - un sentiment de honte d’avoir été arnaqué.

Et mince je voulais conclure en mode bisounours et j'écris ça, bravo. Bon bah merci d’avoir lu, à la prochaine !